

1 - 2
Quelle bonne affaire !
«
Il faudra gagner à Strasbourg… quelle que soit la manière » avait
annoncé Jean-Alain Boumsong dans la semaine. Le vœu du défenseur
olympien, préféré ce soir à Toto Squillaci, a été exhaussé : si la
manière attendra, le succès pourrait bien, lui, être décisif.
L’OL a en effet remporté une victoire poussive en Alsace mais ô combien importante dans la course au titre, puisqu’elle lui permet de repousser à 7 points Bordeaux qui se rendra dimanche à Toulouse avec l’obligation de l’emporter s’il
ne veut pas dire adieu à ses espoirs de titre. Faut-il voir un signe
dans le fait que l’OL ait remporté ce qui pourrait constituer l’un des
plus importants succès de sa saison en se montrant très éloigné de ses
standards habituels ? Pour avoir manqué leur entame de rencontre, les Lyonnais coururent longtemps après le score mais eurent le mérite de ne jamais renoncer,
compensant leurs nombreuses erreurs techniques par une volonté de tous
les instants. Face à des Strasbourgeois trop timides après leur
ouverture du score, et qui durent composer avec le manque de retenue de
Mouloungui, logiquement expulsé peu avant la pause pour deux grosses
fautes en à peine quatre minutes (40e et 44e), cela a suffi.
Tout avait pourtant bien mal commencé pour les Lyonnais. Sur un centre
de Fanchone, Mouloungui, de la tête, avait alerté une première fois
Grégory Coupet (3e). La tentative suivante fut la bonne pour les
Strasbourgeois, Renteria reprenant victorieusement le centre de
Johansen (21e). Pour la cinquième rencontre consécutive en Ligue 1, les Rhodaniens encaissaient au moins un but. Heureusement pour eux, Strasbourg ne se rua pas à l’attaque pour
doubler la mise. A l’exception d’une frappe de Renteria claquée par
Coupet (51e) et d’un "deux contre un" gâché, avec la complicité de
Bodmer, par Mulenga (80e), les joueurs de Jean-Marc Furlan
s’arc-boutèrent sur leur but, cherchant avant tout, en infériorité
numérique, à défendre leur maigre avantage.
De son côté, la formation lyonnaise éprouvait des difficultés à se
mettre en bonne position. La tentative de Juninho s’envola (17e) ;
Kader Keita, hors jeu, fit une première fois briller Cassard ; lequel
boxa ensuite le coup franc de Juninho (22e), claqua la frappe de Karim
Benzema (26e) et vit les têtes de Boumsong (27e) et Bodmer (31e) raser
le cadre. Pour ne rien arranger, déjà privé de Toulalan (genou) et Fred
(angine), Alain Perrin perdait Karim Benzema après 36 minutes de jeu.
Touché au genou dans un choc avec Ducrocq, le meilleur buteur de la
Ligue 1, laissait sa place à Govou. Comme à Marseille, les Lyonnais étaient donc contraints d’évoluer sans avant-centre de formation. Le spectre d’une soirée-cauchemar ressurgit, deux semaines après
l’échec au stade Vélodrome. Surtout, lorsque, au sortir d’un une-deux
avec Juninho, Hatem Ben Arfa trouva le poteau gauche de Cassard avant
que Keita ne manquât le cadre (50e).
Mais la force du champion réside souvent dans sa capacité à profiter au mieux des rares opportunités qui lui sont offertes. Titularisé pour la première fois depuis le déplacement à Old Trafford,
Ben Arfa mit souvent au supplice l’arrière garde alsacienne. En 7
minutes, l’international français fut à l’origine du retour lyonnais,
prenant le jeu à son compte et obtenant deux corners décisifs. Keita
délivra deux passes décisives pour Bodmer (61e) et Grosso (68e), l’Italien inscrivant son premier but de la saison sous le maillot lyonnais. Au meilleur moment...
En supériorité numérique, les Rhodaniens continrent leurs hôtes
jusqu'au coup de sifflet final, non toutefois sans se faire peur en
concédant des coups francs à 20 mètres de leur but. En
fonction du résultat de Bordeaux, demain à Toulouse, ils accueilleront
Caen dans une semaine avec la même ou une plus importante avance qu’à
l’aube de cette 33e journée. En tout cas pas inférieure… C’est bien là l’essentiel.
Réactions... Réactions... Réactions...
Réactions après la victoire de l'OL à Strasbourg (2 - 1).
Christophe Galtier : On se devait de rentrer beaucoup mieux dans
le match mais on s’est laissé endormir sur un faux rythme. On encaisse
un but qui fait mal aux têtes. On a alors plus de maitrise technique et
on commence à souffrir mentalement. Est-ce une fatigue physique,
mentale ou est-ce le doute qui s’installe ? Je crois qu’il y a un peu
de tout cela. L’expulsion de Mouloungui avant la mi-temps nous offre un
bol d’air. On savait que l’on allait dès lors avoir plus d’espaces,
qu’il fallait en profiter. Ce soir, je retiens l’état d’esprit car il y
a eu la volonté d’aller, au moins, égaliser. Ce n’est pas un match
extraordinaire mais c’est un match que l’on devait remporter, c’est ce
que l’on a fait : c’est l’essentiel.
Jean-Michel Aulas : Il faut reconnaitre les talents immenses des
joueurs lyonnais et du coaching parce que lorsque vous êtes mené 1 but
à 0 à l’extérieur contre une équipe qui joue sa peau avec un arbitre
qui est un peu malmené par le public, dans 9 cas sur 10, vous perdez le
match, même face à une équipe réduite à 10. Il faut retenir le positif
: la victoire. Elle nous permet d’espérer. Il faut regarder devant,
l’objectif est de gagner tout ce qui reste. Si l’on gagne 3 matchs sur
4, on n’a même pas besoin de regarder Bordeaux à Toulouse. Nos 3
prochains matchs sont donc déterminants.
Hatem Ben Arfa : On n’a rien lâché. En deuxième période, on a
tout donné pour gagner, c’est le plus important. Les Strasbourgeois ont
réalisé une bonne entame de match. Le terrain n’était pas très bon mais
on a, à mon sens, parfois été trop relâchés. Grâce à cette victoire, on
met la pression sur Bordeaux. On ne va rien lâcher pour être champion
le plus rapidement possible.
Jean-Alain Boumsong : Tout n’a pas été parfait mais on se f… de
la manière, seule la victoire importe. On est très heureux d’avoir pris
trois points parce que cela n’était pas évident. L’expulsion est un
fait de jeu ; les deux cartons sont mérités. Cela change la donne mais
les cartons jaunes font partie du jeu. En deuxième période, on a mieux
joué. Ces derniers temps, on a encaissé beaucoup de buts sur coups de
pied arrêtés mais ce soir on en marque deux. On continue notre marche
vers ce septième titre, même si, en ce moment, elle est laborieuse. On
ne regarde pas derrière nous, on se concentre sur ce que l’on doit
faire.
Fabio Grosso : Ce fut très difficile mais on a réussi à prendre
les trois points, ce qui était fondamental à nos yeux. Mon but me fait
plaisir mais est également très important.
Cris : On a manqué d’esprit de groupe, notamment en première
période. En seconde période, on a mieux travaillé avec le ballon. A 11
contre 11, on a éprouvé beaucoup de difficultés, on ne trouvait pas
d’espace. Ensuite, on a cherché à jouer vite et on a obtenu les trois
points. Le plus important n’est pas de bien jouer mais de gagner et de
mettre la pression sur Bordeaux.
Juninho : D’un point de vue comptable, on est satisfaits des 3
points obtenus. En termes de performance, on a été moins bien, comme
lors de nos derniers matchs. On a été en difficulté durant les 15
premières minutes. A la vidéo, on avait vu que, sur corner, Strasbourg
prenait beaucoup de buts, pratiquait le marquage en zone, laissait des
espaces ; on a su en profiter. Ce qui est incroyable c’est qu’après
avoir marqué nos deux buts, on a encore arrêté de jouer et on a
souffert. Dans toute saison, il y a des moments où l’on évolue avec
confiance et d’autres où, même avec une équipe de qualité, on est en
dessous de notre niveau. Ce soir, on a gagné avec le cœur. Il faut bien
travailler car rien n’est acquis.
D'apres OLweb.fr